Au cœur de la Turquie, la région volcanique de la Cappadoce n’en finit pas d’étonner le voyageur. Héritage des volcans Erciyes dag, Hasan dag et Göllüdag, la Cappadoce offre un paysage sculpté par l’érosion pluviale et, à moindre mesure, éolienne : dômes ; tours ; flèches et cheminées de fées.

La formation géologique de la Cappadoce aurait débuté il y a près de 10 millions d’années, suite aux éruptions des trois volcans. Le mélange de cendres et de boue constitua une couche de tuf (pierre tendre). Les précipitations et la neige ont craquelé le tuf, formé des vallées. Puis le vent, transportant du sable, a achevé de créer les cheminées de fées (cônes surmontés d’une pierre plate) en désagrégeant la couche de tuf, afin de ne laisser que la roche plus dure. La Cappadoce aurait été habitée dès la Préhistoire. Son sol riche en or, argent et cuivre, a avivé la convoitise des Hittites (-1.200 av J.-C.) qui l’ont intégrée à leur empire.

La région doit son nom aux Perses : Katpatuka, "pays des chevaux de race". En l’an 17, la Cappadoce devint une province romaine, et commença à accueillir les chrétiens fuyant les persécutions romaines. A partir du 8e siècle, les habitants creusèrent des cachettes à l’intérieur des rochers, afin de se protéger, et finirent par constituer de véritables villes souterraines, étalées sur plusieurs niveaux. Dès le 9e siècle, les moines ermites construisirent des églises et des monastères dans les falaises, en suivant les architectures classiques : nef ; voûte en berceau ; coupoles et fresques aux couleurs vives.

La plus célèbre vallée de la Cappadoce est le parc national de Göreme : vallée des églises rupestres, réunies au sein d’un musée à ciel ouvert.
L’ensemble de la Cappadoce forme un magnifique paysage troglodyte unique au monde. Le site de Göreme a été intégré au patrimoine mondial de l’Unesco en 1985. Il constitue un témoignage incomparable de la période post-iconoclaste et de l’art byzantin.
