A l’âge de 31 ans, Joseph Ferdinand Cheval devient facteur. Deux ans plus tard, il est affecté à Hauterives et prend en charge la tournée pédestre de Tersanne. En 1879, le facteur Cheval butte sur une pierre dont l’étrange forme le pousse à imaginer un palais. Venant fréquemment chercher de nouvelles pierres, il se met à creuser un bassin, autour duquel il élabora une cascade, grâce aux pierres trouvées.

©Yannick Luthy
Ainsi débuta la longue construction du Palais Idéal, qui s’étalera sur 33 ans, et dont les premiers édifices furent élevés la nuit, à la lumière d’une lampe à pétrole.

©Dees Chinniah
L’imagination fébrile du facteur Cheval le mènera à construire une grotte, puis une seconde cascade, et enfin l’incontournable monument, dont il débuta la construction à 43 ans. L’ensemble du palais fut achevé en 1912. Dès 1914, le facteur Cheval reprendra cependant ses travaux, afin d’élever, au cœur du cimetière communal, son Tombeau du silence et du repos sans fin, qu’il achèvera en 1922.

©René Stout
Ce bijou de l’art naïf français, issu des rêveries sinueuses du facteur, mélange allègrement les styles architecturaux ainsi que les références : les thèmes bibliques côtoient les divinités hindoues, ainsi que la tête de Socrate. Il émane de l’ensemble du Palais Idéal une sensation de bouillonnement jubilatoire. Le chef d’œuvre du facteur Cheval nous transporte dans son imaginaire foisonnant et débridé, et nous laisse toucher du doigt le rêve d’une vie devenu réalité.
