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Un havre de paix au coeur de la dynamique Amsterdam

Les rues attenantes au turbulent quartier commerçant abritent la Begijnhof, l’une des plus anciennes cours privées d’Amsterdam, encerclée de maisons historiques, située au cœur du vieux Amsterdam, qui était alors encerclé par le canal Singel.


©Cameron Booth

La Begijnhof regroupait des béguines. Au Moyen-âge, une béguine était une femme qui, sans entrer dans un couvent, se vouait à Dieu. Afin d’assurer leur protection et de s’entraider, les béguines se réunissaient en petites communautés. Chacune choisissait, sans règle préétablie, le vœu auquel elle désirait obéir : abstinence ; pauvreté… Les béguines restaient en dehors de toute tutelle ecclésiastique. Elles furent également parmi les premières femmes émancipées : liberté religieuse ; liberté sociale ; liberté économique (afin d’assurer leurs aumônes, beaucoup travaillaient, soit dans les hôpitaux, soit dans des ateliers de tissage). La Begijnhof aurait été fondée au 14e siècle et était, à l’origine, entièrement encerclée par l’eau. L’entrée se situait au niveau de la Begijnensteeg (allée des Béguines). Les façades des maisons entourant la Begijnhof furent rénovées au cours des 17e et 18e siècles. Elles ont cependant conservé l’aspect typique des maisons du centre ville d’Amsterdam : hautes, individuelles.


©Julien Rademaker

La restauration a laissée intact le n° 34 de la cour privée : une maison, datant des années 1470, dont la façade, restée de bois, est couverte, par endroits, d’inscriptions bibliques. Suite à la période calviniste, à partir de 1578, la Begijnhof fut la seule institution catholique à subsister, car les maisons encerclant la cour appartenaient aux béguines, et ne pouvaient donc pas leur être retirées. La chapelle fut cependant transmise à l’église presbytérienne britannique. En 1671, l’architecte Philip Vingboons aurait transformé les deux maisons faisant face à la chapelle en église catholique clandestine : l’église de Saint John et Ursula, plus connue sous le nom de l’église du miracle, depuis 1908.
Les deux béguines les plus célèbres sont Cornelia Arens, qui mourut en 1654 et désira être enterrée dans le caniveau, afin de ne pas avoir à entrer dans une chapelle profanée par les presbytériens ; et la dernière béguine, morte en 1971, Agatha Kaptein.


©Hans Bouman