L’île de Lanzarote, petit bout de terre volcanique, faisant face à la côte africaine, est souvent délaissée des touristes au profit de ses voisines moins arides. Si la pluie ignore superbement ce paysage façonné par la lave, les habitants de Lanzarote n’en ont pas moins réussi à faire pousser des vignes, en nichant les plants dans des cratères de poudre de lave et en les protégeant du vent par de petits murets.

©Martin Liebermann
C’est cependant la montagne de feu, Maciso del Fuego, qui attire l’attention. Bien que recouvertes de cendres depuis le 18e siècle, les incandescentes entrailles du massif continuent de réchauffer une lave ancienne. Créée par des coulées de lave successives, la montagne de feu fut au centre des éruptions qui modelèrent l’île de 1730 à 1736, faisant disparaître dix villages et étalant leurs coulées de feu sur le sud de Lanzarote. Autrefois fertiles, les plaines recouvertes de cendres devinrent Malpaís, cependant la végétation commence à se reformer sur ces « mauvaises terres ».

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La marche à pied n’est pas autorisée au sein du parc national de Timanfaya : vous traverserez ces paysages lunaires au sol de feu à dos de chameau. Preuve de l’activité magmatique incessante : une branche déposée dans une cavité du sol s’enflamme dans la seconde. La Montaña Rajada vous offrira, du haut de ses 350 mètres d’altitude et de son belvédère naturel, une vue panoramique sur l’ensemble de la mer de lave recouvrant l’île, et sur ses 300 cratères.

La Montaña Timanfaya a vu naître 32 cônes volcaniques. Tous les volcans de Lanzarote sont de type hawaïen : ils ont rejeté de grandes colonnes de cendres et des lapillis* lors de leur éruption, ce qui a recouvert la plaine s’étendant à leur pied (depuis renommée vallée de la tranquillité). La dernière éruption eut lieu en 1824 : le volcan Clérigo Duarte étendit sa lave jusqu’à la mer et cracha des colonnes d’eau salée bouillante qui inondèrent la plaine.
* Un lapilli est un fragment de lave.

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