Au large des côtes chiliennes, entourée de l’immensité du Pacifique, la petite île de Pâques réveille l’imaginaire occidental en se parant de mystère : pourquoi les Pascuans élaborèrent-ils les Moaïs, géants de basalte, à un rythme de plus en plus effréné ? Comment les redressèrent-ils ? Quels rites y sont associés ?
Devenue possession chilienne en 1888, l’île de Pâques est célèbre pour ses vestiges mégalithiques des premières civilisations pascuanes. L’île abrite près de 300 autels de pierre taillés en terrasse (les ahû) et plus de 900 statues (les moaïs).
Les archéologues associent les géants de basalte à un culte des ancêtres. A l’origine, les moaïs étaient dotés d’iris rouge ou noir, encastré dans du corail blanc. Certains sont couronnés d’un pukao : sorte de chapeau, de taille variée, fait d’une pierre friable aux tons rouge vif.
On suppose que le culte des ancêtres, via les géants moaïs, prit fin suite à une catastrophe écologique qui priva l’île de ses arbres. Les Pascuans se seraient alors tournés vers le culte de ‘’l’homme oiseau’’. La découverte de l’île en 1722 par le navigateur néerlandais, Jacob Roggeveen, lança le processus d’évangélisation de la population et mit fin aux cultes ancestraux. Au cours de vos promenades, vous croiserez des têtes, parfois songeuses, surgissant du sol, d’une telle façon que l’on s’attendrait presque à voir le géant de basalte s’animer et s’extirper du sol afin d’aller rejoindre les autres moaïs, tournant obstinément le dos à la mer.

