Avant-proposCe schéma standardisé décisionnel et thérapeutique concerne le médecin (et éventuellement le voyageur lui-même après éducation) lorsque manquent tous moyens médicaux et paracliniques. Avec un raisonnement fondé sur des éléments cliniques simples, non ambigus et discriminants, on peut faire face aux situations les plus fréquentes. Il convient d’avoir avec soi seulement : un antipaludique curatif, une fluoroquinolone (type Oflocet®), du métronidazole (type Flagyl®), et de savoir soit temporiser soit référer. 1. La fièvre est un élément très discriminant, sous réserve qu’elle soit objectivement prise et non seulement ressentie ("avoir chaud" sous les tropiques ne signifie rien) : tout voyageur averti doit emporter un thermomètre médical. 2. S’il existe une fièvre, il faut penser avant tout, et systématiquement, au paludisme. Au moindre doute, si on est éloigné de tout, procéder au traitement présomptif -ou “auto-traitement” (Lariam® 3-2-1 cp ou Halfan® 2-2-2 cp espacés de 6-8h). 3. Diarrhée fébrile : très probablement il s’agit d’une bactérie entéro-invasive ; la quasi-totalité sont sensibles aux fluoro-quinolones. Durée du traitement : jusqu’à consultation médicale recherchée sans attendre, laquelle l’arrêtera ou le poursuivra. 4. Emissions incolores (“eau de riz”) sans fièvre qui persistent plus de 24h : toujours penser au choléra (même s’il s’agira le plus souvent d’une toxiinfection cholériforme, staphylococcique par exemple) ; mais plus le syndrome dure, plus le choléra devient probable : transfert sur hôpital, alerte de la compagnie d’assistance. 5. Patient apyrétique émettant glaires, pus et / ou sang : diagnostic probable : amibiase intestinale aiguë : Flagyl® 1,5g/j. 6. Selles simplement molles et apyrexie : cas le plus fréquent. Aucune gravité, aucune urgence diagnostique ni thérapeutique : toxiinfection et bactéries entérotoxinogènes (turista), virus, giardiase… voire simple intolérance alimentaire (changement, abus -y compris d’alcool-, stress, jet lag…). La plupart des voyageurs français désirent prendre un antiseptique (type Ercéfuryl®) et un ralentisseur du transit (type Imodium®) : ils peuvent le faire ici sans risque ni d’ailleurs grand bénéfice (une fluoroquinolone monoprise est beaucoup plus efficace), mais en aucun cas dans les autres cadres sus-cités.
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