Les trois virus de la grippe humaine sont des types : - A, responsable de la grande majorité des épidémies mondiales, avec ses deux sous-types H1N1 et H3N2 ; - B, surtout responsable d’épidémies régionales ; - C, d’implication mineure chez l’homme.
Le virus est d’une très haute contagiosité, interhumaine, de transmission directe par les gouttelettes de Flügge et également manuportée.
Les épidémies de grippe surviennent : - de novembre à mars dans l’hémisphère nord (Hnord) ; - d’avril à septembre dans les parties tempérées de l’hémisphère sud (Hsud) ; - n’importe quand en zone tropicale.
Le transport aérien est le grand responsable de la diffusion mondiale de la grippe. - Les aéroports voient chaque année passer 1,5 milliard d’individus, dans la petite surface et dans l’air confiné de leurs terminaux. - Tout endroit du monde est aujourd’hui théoriquement accessible en moins de 24 heures. - Les aéronefs, aujourd’hui de plus en plus bondés, sont des endroits de haute promiscuité, avec un renouvellement d’air partiel (50% dans le meilleur des cas). Après l’arrivée, le touriste est particulièrement exposé : moyens de transports bondés, visite de lieux très fréquentés.
Les navires de croisière sont fréquemment le siège d’épidémies de grippe (forte densité humaine), parfois meurtrières en raison de l’âge souvent avancé des clients. Compte tenu de l’origine géographique très diverse des passagers, ces épidémies ne connaissent pas de saisonnalité ; une épidémie à bord d’un navire en Mer Baltique, en été, pourrait être due à une souche de l’hémisphère sud importée par un Australien en vacances…
La composition du vaccin de l’hémisphère sud est généralement déterminée en février, de façon à ce que les vaccins soient disponibles fin mars. C’est justement en février que les vaccins disparaissent des pharmacies de l’hémisphère nord ; et le vaccin Hsud n’est pas disponible dans les pharmacies des pays du nord, lesquels sont exempts de grippe jusqu’en novembre. D’où un problème pour les voyageurs qui se rendent d’un hémisphère à l’autre, et aussi pour ceux qui se rendent en zone tropicale où toute épidémie peut éclater à tout moment.
De ce fait, il est raisonnable de proposer en Europe :
- que le maximum de sujets à risque bénéficient du vaccin Hnord : s’ils voyagent ensuite dans l’hémisphère sud ils auront parfois la chance que certaines souches vaccinales soient identiques à celle qui circulera dans l’hémisphère sud (en 2002-3 fut -c’est rare- totalement adapté). - pour les sujets voyageant dans le sud ayant un besoin impérieux de protection (comme ce fut le cas des 800 athlètes français aux JO de Sydney), il est possible de se procurer le vaccin Hsud par la procédure d’ATU (autorisation temporaire d’utilisation) nominative : prescription par un praticien hospitalier, délivrance par une pharmacie centrale hospitalière après autorisation de l’Agence du Médicament (tél : 01 55 87 36 11 ; fax : 01 55 87 36 12). Cette procédure est malheureusement lourde et longue, peu adaptée aux voyageurs.
Tous les experts considèrent que le vaccin grippal est -aussi- un vaccin du voyageur. Il devrait également être fait plus fréquemment aux équipages des navires et aéronefs.
La place des antiviraux est mal précisée. Dans tous les cas, éviter les trop nombreux et trop proches contacts inter-humains et se laver fréquemment les mains.
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