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Immunodiagnostic des parasitoses tropicales

Pour ces pathologies assez rares en médecine générale, nombreuses sont les demandes d’immunodiagnostic inappropriées : tests qui n’existent pas, tests pratiqués à titre expérimental dans de rares unités de recherche, tests à faible valeur prédictive...
 
 Paludisme
 
Seuls les étalements sanguins (frottis, goutte épaisse) éventuellement complétés par des techniques de détection antigénique rapide sur bandelette (ICT Malaria® le plus souvent) sont utiles au diagnostic d’accès palustre.
Le sérodiagnostic n’a d’intérêt que rétrospectif ou n’est prescrit que dans des conditions particulières (transfusion). La biologie moléculaire n’a pas aujourd’hui de place diagnostique.
 
 Amibiase
 
La recherche d’anticorps par IF ou agglutination sur lame reste souvent négative dans l’amibiase colique ; elle n’a d’intérêt que dans l’amibiase tissulaire (hépatique en particulier) : elle s’y positive habituellement en quelques jours après une colonisation tissulaire (prendre en compte la possibilité de l’existence d’une phase transitoire muette).
 
 Leishmaniose cutanée / cutanéo-muqueuse
 
Le diagnostic des leishmanioses cutanées de l’ancien monde repose sur la mise en évidence du parasite dans les lésions et non sur la détection des anticorps circulants dont les taux sont habituellement très faibles.
Pour les formes du nouveau monde (leishmanioses cutanées et cutanéo-muqueuses), les recherches d’anticorps sériques par IFI ou ELISA sont positives dans une grande majorité des cas (pas de kits industriels) ; le Western blot confirme en montrant des bandes spécifiques dans plus de 80% des cas.
 
 Bilharzioses
 
Le diagnostic est avant tout direct (examens parasitologiques des selles ou des urines, éventuelle biopsie de muqueuse rectale).
HAI ou IF sont d’intérêt limité car elles ne permettent pas de distinguer une infection à S.haematobium et S. mansoni et que les IgG persistent longtemps. Elles peuvent être utiles en période de primo-invasion, avant que l’examen parasitologique des selles ou des urines ne se positive. Certains laboratoires proposent un dépistage sérologique avec confirmation Western-blot.
 
 Distomatoses
 
Le voyageur peut être confronté à différentes distomatoses exotiques, classées en intestinales, hépatobiliaires et pulmonaires.
Les premières bénéficient en premier lieu d’examens parasitologiques des selles.
Des sérologies spécifiques ont été développées pour les secondes (clonorchiases et opistorchiases) et les dernières (paragonimoses du Sud-Est asiatique, d’Afrique inter-tropicale ou d’Amérique Latine). Elles ne sont pas disponibles en routine (demandes à envoyer à Pasteur Lille). Ne pas demander une sérologie avec antigène F. hepatica, avec lequel il n’existe que très peu de réactions croisées.
La douve du foie (Fasciola hepatica) a quasiment disparu d’Europe de l’Ouest : elle est donc désormais acquise lors de voyages. Le test simple, de dépistage, est généralement l’HIA ; éventuellement complété par IFI, électrosynérèse. Les anticorps augmentent dès la phase d’invasion.
 
 Trichinose
 
Différentes techniques sérologiques sont aujourd’hui disponibles : ELISA/EIA, IFI... L’apparition des anticorps étant parfois tardive (jusqu’à J 21), on devra donc répéter l’examen dans les rares cas où le diagnostic reste probable alors que l’examen initial est négatif et que la mise en évidence du parasite n’a pu être réalisée. Les laboratoires proposent souvent dépistage et confirmation des positifs en Western-blot (Pasteur Cerba).
 
 Trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil)
 
De nombreuses techniques sérologiques, toujours mises en œuvre parallèlement à la recherche parasitologique directe, ont été proposées. L’agglutination sur carte (Test tryp CATT) et l’IF, utilisables sur LCR ou sérum, sont contributives.
 
 Filarioses (filaires lymphatiques, loase, onchocercose)
 
De fortes difficultés à entretenir des cycles parasitaires artificiels de filarioses expliquent qu’on ne dispose toujours pas de techniques sérologiques sensibles et spécifiques (antigènes homologues non disponibles en pratique industrielle). Au laboratoire, la détection des anticorps repose souvent sur la mise en œuvre d’un test ELISA utilisant un antigène d’origine animale (Dipetalonema vitae) avec confirmation par un Western-blot « maison » ou une électrosynérèse avec un Ag Ascaris suum. L’interprétation correcte de ces tests nécessite une confrontation clinico-biologique. Il existe un test d’antigénémie des filarioses lymphatiques (CHU de Tours).
 
 Larva migrans viscérale
 
La confirmation diagnostique fait appel à deux techniques : Western blot avec antigène Toxocara et électrosynérèse en gélose en présence d’antigène Ascaris suum. Le premier présente l’inconvénient de nombreux faux positifs ; le second est plus fiable (arcs spécifiques) mais peu pratiqué et d’avenir industriel incertain, Ascaris suum étant en voie d’éradication dans toute l’Europe.
 
 Anguillules, ankylostomes...
Ces demandes sont d’intérêt extrêmement limité et ne sont traitées que dans de (très) rares laboratoires spécialisés.
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