Affection cutanée torpide qui peut atteindre le voyageur de manière non exceptionnelle, et semble-t-il de plus en plus fréquente.
Epidémiologie
- La leishmanie a un réservoir canin. Plus les chiens errants sont nombreux, plus la leishmaniose est fréquente ; ceci pour des pays à climat chaud, permettant la prolifération du vecteur. - La transmission à l’homme est assurée par le phlébotome, très petit diptère (capable de passer les mailles d’une moustiquaire) qui pique de jour comme de nuit.
Clinique typique
A l’endroit de la piqûre, apparition, quelques semaines à quelques mois après l’inoculation, d’une lésion : - tout d’abord papuleuse inflammatoire, - qui va s’ulcérer, devenir ronde ou ovalaire, recouverte d’une croûte plus ou moins épaisse, bien limitée, avec un bourrelet périphérique en relief, plus ou moins rouge (" bouton d’Orient ") ; - siégeant le plus souvent sur les zones cutanées découvertes : bras, mains, jambes, visage. - généralement indolore ; - souvent accompagnée de petits nodules sur les trajets lymphatiques ; - insensible à toute antibiothérapie. Evolution torpide, sur plusieurs mois, avec possibilité de surinfection. La lésion finit par guérir, laissant une cicatrice, parfois déprimée voire rétractile, blanchâtre ou rosée sur peau claire, hyperpigmentée sur peau noire. Dans la forme de l’Ancien Monde, contrairement aux formes d’Amérique latine, il n’y a pas de risque de lésions muqueuses associées ou ultérieures.
Diagnostic
- Avant tout clinique : notion de voyage en zone de transmission, aspect caractéristique. - Il est confirmé par la mise en évidence du parasite sur le bourrelet de la lésion : étalement sur lame d’un grattage, aspiration à l’aiguille (éventuellement après injection d’un peu de sérum physiologique), apposition d’un fragment biopsique sur lame. Coloration de Giemsa. - La culture d’un fragment biopsique (milieu NNN) est réservée à des laboratoires spécialisés (NB : mettre le patient sous antibiothérapie anti staphylo-streptococcique plus de 24h avant la biopsie). - Sérologie non contributive dans la forme cutanée limitée de l’Ancien Monde.
Traitement
Il n’est pas standardisé, diffère selon les pays, les tendances et les écoles. Les attitudes suivantes paraissent raisonnables : - Abstention thérapeutique : formes simples d’un bras ou d’une jambe sans nodule lymphatique évoluant rapidement. - Traitement local : injections périlésionnelles d’antimoniés (Glucantime®) : 2 à 10 infiltrations de 1 à 5ml à 3-4 jours d’intervalle : traitement censé accélérer la guérison et réduire le risque cicatriciel. - Traitement général : antimonié (Glucantime®), pentamidine (Pentacarinat®) voire amphotéricine B liposomal (Ambisome®) pour les formes graves, périorificielles, à dissémination lymphatique, multiples ou disséminées : en hospitalisation en service spécialisé. Dans tous les cas : traitement antibiotique d’une éventuelle surinfection, prévention du tétanos.
Prévention individuelle
- Porter des vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle et serrés aux extrémités, imprégnés en cas d’exposition majeure. - Répulsifs cutanés sur les parties restées découvertes. - Moustiquaire imprégnée de pyréthrinoïdes. - Et tous autres moyens accessoires anti-arthropodes : serpentins, diffuseurs électriques, bombes insecticides, air conditionné…
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