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Tiques / maladies

Les tiques sont des acariens (embranchement des arthropodes, classe des arachnoïdes). Répartition mondiale, espèces multiples, extrême diversité biologique et comportementale, quasi universalité, maladies diverses parfois très graves et sous-diagnostiquées, caractérisent les tiques dans leur rapport à l’espèce humaine. Les voyageurs sous-estiment les risques de maladies liées aux tiques qui, pourtant semblent croissants. Aucun répulsif cutané n’a fait clairement la preuve de son efficacité ; des vêtements bien couvrants, sombres et si possible imprégnés de pyréthrénoïdes constituent la meilleure protection.

 
Notions générales

Pour les tiques, l’homme est une victime accidentelle, leurs cibles privilégiées étant les rongeurs et les cervidés. Généralement, la tique attend sa proie à l’affût dans un buisson, se laissant tomber lors de son passage ; parfois elle attaque activement, remontant le gradient de CO2 du mammifère.

Le plus souvent, l’incrustation de la tique est indolore : d’où l’intérêt de l’examen cutané quotidien systématique lors de conduites à risque. La probabilité de contamination infectieuse est temps-dépendante : plut tôt la tique est extraite (en totalité), moindre est le risque.

Maladies bactériennes

Maladie de Lyme
Liée à trois Borrelia : B. burdorferi, B. afzelii et B. garinii, toutes présentes en Europe (sauf côte méditerranée et au-dessus de 1.000m d’altitude), seule la première étant présente en Amérique du Nord : grand problème de santé publique (vaccin, disponible en Amérique du Nord, contre la première souche, et qui est donc insuffisamment opérant et non disponible en Europe : les voyageurs qui y prévoient un séjour rural, en particulier dans le nord-est, doivent se faire vacciner sur place dès leur arrivée).

Fièvre récurrente à tiques
Elle est provoquée par une douzaine de Borrelia transmise par des tiques Ornithodores, surtout répandues dans les climats chauds (diagnostic différentiel : paludisme).

Fièvre Q
Universelle, liée à Coxiella burnetti, elle n’est qu’exceptionnellement transmise par les tiques.

Fièvre boutonneuse méditerranéenne

Liée à Rickettsia conorii, transmise par la tique brune du chien : la maladie est présente au moins sur le pourtour méditerranéen, dans tout le sud de la CEI et en Inde du Nord, et sans doute dans bien d’autres endroits du monde tempéré.

Fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses
Liée à Rickettsia rickettsii, transmise par une tique du chien : la maladie est présente sur la quasi-totalité du continent américain, transmise pendant les saisons chaudes.

Autres rickettsioses
Elles sont très nombreuses : fièvre du Queensland (R. australis), rickettsiose à tique africaine, mais aussi des espèces dites sibérienne, slovène, mongolienne, israélienne, japonaise... Il est probable que l’on puisse contracter une rickettsiose transmise par les tiques à peu près partout dans le monde. Toutes se manifestent typiquement par de la fièvre et des lésions cutanées.

Ehrlichioses
Décrites surtout en Amérique du Nord, elles auraient une répartition similaire à celle de la maladie de Lyme.

Tularémie
Nord de l’Amérique du Nord et de l’Europe, Japon. La morsure de tique n’est qu’un des moyens de contamination, à côté de la transmission transcutanée (Francisella tularensis).

 
Maladies virales

Encéphalite à tiques
De l’Alsace à la Sibérie, dans quasiment toutes les régions forestières de l’Eurasie à climat tempéré. Liée à un Flavivirus : pas de traitement curatif (bénéficie d’un vaccin (Ticovac®) prescriptible par tout médecin et délivrable par tout pharmacien).

Fièvres hémorragiques
FH de Crimée-Congo (Europe centrale, Asie Mineure, Inde, Afrique noire), 30% de létalité. FH d’Omsk.

Autres
Fièvre à tique du Kemerovo (Sibérie), du Colorado (Amérique du Nord), à virus Dugbe (Afrique Centrale).

 
Maladies parasitaires

Babésioses
Amérique du Nord et Europe, sous-estimées. Atteignent gravement les sujets immunodéprimés (tableau pseudo-palustre).

Extraction

Elle doit être totale et doit concerner tout particulièrement la tête (capitulum et rostre) qui certes est petite mais constitue le principal réservoir infectieux. Il faut proscrire les méthodes d’extraction "en force", parfois malencontreusement aidées par l’aspersion d’éther, pour privilégier une extraction douce, plus naturelle et totale. Le dépôt d’huile ou de vaseline sur la solution de continuité cutanée entraîne l’asphyxie de la tique qui va remonter à la surface pour chercher de l’oxygène. C’est alors que l’on pourra l’extraire en totalité, au mieux avec une "pince à tiques".